Alphonse Sarthout, Julien Franc Wahlgreen, Guillem Renard et Camille Bénard, un quatuor à plusieurs cordes

Dans une rue d’un quartier résidentiel de Montreuil, en proche banlieue parisienne, le chantier des nouveaux locaux de ciguë (sans majuscule) avance… Dans ce mini-­phalanstère, les quatre architectes associés, Alphonse Sarthout, Julien Franc Wahlgreen, Guillem Renard et Camille Bénard, ont imaginé d’installer des bureaux, un atelier, un restaurant, et évoquent même la création d’une école privée. « Certains d’entre nous sommes enseignants dans des écoles d’architecture », précise Alphonse Sarthout, membre fondateur de l’agence.

« Nous partons nous mettre au vert ensemble régulièrement et, toutes les trois semaines, nous prenons deux ou trois heures sur notre temps de travail pour discuter méthodologie. » Guillem Renard

Une expérience plutôt mitigée qui leur a donné envie de mettre en place leur propre formation. « La transmission et le dialogue sont au cœur de notre activité », précise Guillem Renard, qui a démarré sur les bancs de l’école ­d’architecture de Paris-La Villette en 2003. Très rapidement, alors qu’ils étaient six à l’époque, leur démarche d’architectes-artisans, fabriquant tout eux-mêmes, et leur style rugueux, low tech, frugal et pourtant terriblement désirable, attirent les plus grandes marques.

Le concept store Merci, mais surtout la créatrice Isabel Marant et les cosmétiques Aesop leur confient la ­réalisation d’une série de boutiques dans le monde. « Dès le début, nous sommes passés par des exercices, des méthodes, pour arriver au consensus dans nos décisions, pour éviter de nous perdre… Mais nous avons aussi rapidement mesuré que le collectif était une force : organiser un savoir entre nous et au sein de notre agence permet de mieux le partager avec nos clients », explique Alphonse Sarthout.

Une vingtaine d’employés

Aujourd’hui, en dehors du quatuor fondateur, l’agence compte une vingtaine d’employés. « Nous partons nous mettre au vert ensemble régulièrement et, toutes les trois semaines, nous prenons deux ou trois heures sur notre temps de travail pour discuter méthodologie. Nos derniers workshops en date : “comment communiquer autour d’un projet avant l’esquisse”, ou “comment affûter nos outils de communication”… C’est indispensable pour que l’esprit ciguë ne s’étiole pas au fil des ans et des collaborateurs qui vont et viennent », précise Guillem Renard.

Mais, au-delà de la transmission académique entre pairs, ciguë s’attache aussi à partager ses valeurs à travers certains sujets. Ainsi de leur recherche sur le béton de plâtre dans la construction qui a donné lieu à une installation présentée le 5 février au Pavillon de l’Arsenal, un espace muséal parisien consacré à l’architecture et à l’urbanisme. « Nous nous sommes intéressés à ce matériau dans le cadre d’un appel à projet afin que ce procédé puisse être diffusé en libre accès. Notre idée était de transmettre un savoir lié à un matériau disponible et jusqu’alors négligé », explique Alphonse Sarthout.

cigue.net/fr/et Instagram : @_cigue

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Alphonse Sarthout, Julien Franc Wahlgreen, Guillem Renard et Camille Bénard, un quatuor à plusieurs cordes

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