Automobile : la BMW i4 roule sur les plates-bandes de Tesla

Cela fait au moins trois ans, depuis l’arrivée en Europe de la Tesla Model 3, que les constructeurs allemands rongent leur frein. On comprend leur émoi : une voiture électrique conçue par une marque américaine est devenue, presque du jour au lendemain, la référence du haut de gamme automobile. Un crime de lèse-majesté, commis au nez et à la barbe des ténors germaniques, chantres du moteur thermique. Avec l’i4, commercialisée depuis janvier, BMW est le premier à lancer une proposition directement concurrente du best-seller de Tesla.

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La firme de Munich, solidement installée comme numéro un mondial du premium, n’a nullement l’intention de se réinventer pour coller à la révolution de l’électrification. Alors que l’i3, apparue en 2013 mais au succès limité, s’éloignait des codes de la marque, l’i4 met un point d’honneur à s’y conformer. Elle se glisse dans les habits de la Série 4 Gran Coupé, une quatre-portes à la ligne élancée de stricte obédience bavaroise. Cette voiture hérite de l’iconique et désormais gigantesque calandre BMW (obturée pour l’occasion, car inutile à bord d’un véhicule électrique), comme du coup de crayon à la fois élégant et agressif qui fait le sel des berlines du constructeur.

Habitacle ultrachic aux textures avantageuses

Dans l’habitacle, la présence d’un écran central de 14,9 pouces et le nombre réduit de commandes physiques sont autant d’actes d’allégeance à l’univers numérique auxquels doit sacrifier tout modèle électrique qui se respecte. Attention, pas de jeux vidéo en pagaille, de faux feux de bois sur l’écran, d’avertisseur fantaisie de type Cucaracha ou de coussin péteur électronique à la Tesla. Ce n’est pas le genre de BMW. La présentation intérieure tire avantage du savoir-faire d’un constructeur passé maître dans l’art de concevoir et d’exécuter des habitacles ultrachics aux textures avantageuses. Sur ce terrain, la marque américaine a encore beaucoup de progrès à faire.

La BMW i4 ressemble à s’y méprendre à la Série 4 Gran Coupé.

En revanche, l’i4 souffre de ne pas avoir été conçue sur une plate-forme spécifique, ce qui l’empêche de tirer profit des avantages en matière d’habitabilité que procure le peu d’encombrement des organes mécaniques d’un véhicule électrique. L’espace à bord est assez moyen, compte tenu des dimensions de la voiture, et les passagers situés à l’arrière devront, en outre, faire avec la présence d’un encombrant tunnel central parfaitement inutile.

A partir de 59 700 euros

S’agissant d’une BMW, c’est forcément au chapitre de la conduite et du comportement routier que l’on attend cette voiture au tournant. Pas de mauvaise surprise : les performances sont décoiffantes avec un 0 à 100 kilomètres par heure (km/h) exécuté en 5,7 secondes à bord de la version i4 eDrive40 (340 chevaux), voire en 3,4 secondes, si l’on opte pour la version M50 et ses deux moteurs délivrant 544 chevaux. En vérité, ces chiffres ne disent pas grand-chose, car il n’est pas si compliqué de faire cracher des chevaux en pagaille à une voiture électrique. L’excellente motricité et la qualité du châssis se combinent cependant pour rendre cette propulsion aux roues arrière très agréable à conduire, collée à la route comme n’importe quelle « Béhème ». Ou presque. Lors de certaines prises d’appui, on ressent une sensation d’inertie dont il n’est pas très difficile de saisir l’origine.

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