Caroline Parmentier, la très droitière conseillère qui veut adoucir l’image de Marine Le Pen

Marine Le Pen et sa conseillère presse, Caroline Parmentier, à Hénin-Beaumont, le jour du premier tour de l’élection présidentielle, le 10 avril 2022.

« Viens je t’emmène ! », chante Marine Le Pen en grimpant dans sa berline noire. Dans la vidéo postée sur Facebook en février, on voit Caroline Parmentier, sa conseillère presse, saisir la perche et entonner avec elle le tube de France Gall : « Derrière le miroir, de l’autre côté… Viens, je t’emmène au pays du vent, au pays des fées. »

Elle en a rêvé et y est arrivée : cette brune punchy aux paupières khôlées, 56 ans, ex-rédactrice en chef du quotidien d’extrême droite à tendance catholique traditionaliste Présent, mère de trois enfants, a gagné sa place à gauche de Marine Le Pen, parmi les plus proches artisans de son apparente normalisation.

Une entreprise toujours fragile, alors que la candidate du Rassemblement national (RN) a revendiqué avec des mots violents, mardi 12 avril, « assumer » de « décider » qui est journaliste ou non, pour expliquer pourquoi l’accès à la soirée électorale du premier tour avait été refusé notamment à l’équipe de « Quotidien ».

« Si Marine est élue présidente, vous la trouverez cheffe du service de presse de l’Elysée. » Lorrain de Saint Affrique, conseiller de Jean-Marie Le Pen

Sur la longue route vers 2022, Caroline Parmentier ne l’a pas quittée depuis deux ans. Lorsque Marine Le Pen crie « Caro ! », Marie-Caroline, sa sœur aînée, salariée de la campagne, et elle répondent à l’unisson. La leader populiste les surnomme « les Caro », offrant à sa conseillère une place de quasi-sœur. C’est dans les années 1990, à une fête des Bleu-Blanc-Rouge du Front national qu’elles se croisent pour la première fois. Marine Le Pen a 25 ans ; Caroline Parmentier en a 27. « Une fille sympa et talentueuse, qui venait parfois à Montretout, se remémore Lorrain de Saint Affrique, fidèle conseiller de Jean-Marie Le Pen. Si Marine est élue présidente, vous la trouverez cheffe du service de presse de l’Elysée. »

Incisifs plaidoyers pour… Zemmour

Caroline Parmentier s’est très tôt ancrée à l’extrême droite. Née à Pau, d’un père ingénieur à la Société nationale des pétroles d’Aquitaine et d’une mère au foyer, tous deux sympathisants du FN et lecteurs de Présent. Elle y exerce durant trente ans, sous l’égide du fondateur, Jean Madiran, intime de Charles Maurras et membre de l’Action française. Sous l’Occupation, il développait sa pensée antisémite et écrivait que « le juif souffre par où il a péché, tandis que le Français souffre par où il a laissé pécher le juif ». L’ex-animatrice sur Radio Courtoisie défend la presse « alternative » de « réinformation ». A l’inverse, « la grosse presse manie le mensonge, rampe devant la “doxa” conformiste et cultive ses liens avec les grandes banques et les oligarques, étrille-t-elle en 2017 sur le site Breizh Info. Mais leur règne vacille. »

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Caroline Parmentier, la très droitière conseillère qui veut adoucir l’image de Marine Le Pen

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