En Belgique, des lycéens rénovent eux-mêmes les toilettes de leur établissement pour les rendre fréquentables

Par Jane Roussel

Publié aujourd’hui à 18h00

Jeux vidéo pour les garçons, fleurs pour les filles. Les toilettes de l’Institut Saints-Pierre-et-Paul (ISPP) de Florennes, en Belgique, pourraient bien figurer en arrière-plan d’un selfie sur Instagram. Il paraît d’ailleurs qu’elles sont le décor de vidéos sur TikTok. Pourtant, ce sont des sanitaires de lycée. Ceux qui, dans les souvenirs de nombre d’entre nous, sentent le pipi macéré, manquent continuellement de papier et dont les verrous dysfonctionnent. Ici, les élèves de la section arts plastiques ont participé en 2020 à l’initiative « Ne tournons pas autour du pot », projet du fonds BYX (géré par la Fondation Roi Baudouin) en partenariat avec l’association Question Santé, qui finance des rénovations de W-C. dans les groupes scolaires belges.

Maquette des toilettes pour garçons que les élèves de l’Institut Saints-Pierre-et-Paul de Florennes, en Belgique, ont réaménagées.

« De toute ma scolarité, je n’ai jamais été aux toilettes à l’école », dit Ilan, élève de sixième année (terminale), seul garçon de cette promo d’arts plastiques. Il fuit les sanitaires collectifs de ce lieu où il passe pourtant huit heures par jour. Comme pour la majorité des écoliers, qu’ils soient belges ou français, les sanitaires sont un problème. Le dernier sondage en France à ce propos, mené par Harris Interactive pour Harpic, en 2019, auprès d’enfants de 6 à 11 ans, révélait que 55 % n’allaient aux W-C de l’école que lorsqu’ils ne pouvaient plus se retenir, 7 % déclarant ne jamais y aller. « La Fédération des conseils de parents d’élèves fait campagne depuis des années pour obtenir des toilettes décentes. Car ces lieux posent, dans l’état actuel des choses, des problèmes d’hygiène et de santé qui entravent les interactions à l’école et sont simplement un non-respect de la personne de l’enfant », explique la présidente de l’association, Ghislaine Morvan-Dubois.

Papier à côté de la cuvette, savon, essuie-mains, accessibles constamment, personnel en nombre suffisant pour nettoyer les W-C, sont les principales requêtes. Mme Morvan-Dubois souligne que la crise liée au Covid-19 a eu une influence positive sur certains points, et que le cahier des charges tend à évoluer en France. Un « plan toilettes » est en cours à Paris. Progressivement, des travaux de rénovation sont réalisés dans les sanitaires des écoles. Mais « une très grande inégalité territoriale persiste sur la question », note-t-elle.

Problématiques « affaires de filles »

En Belgique, le constat est similaire. Pour Maëlle, une camarade de classe d’Ilan, le problème a commencé au collège : « Il n’y avait même pas de papier, on devait apporter nos propres mouchoirs, ça sentait mauvais, c’est devenu ma hantise. » Elle se souvient d’une serviette usagée collée au mur, des mots d’insulte tagués, des coups de couteau dans les portes. Les élèves citent plusieurs établissements scolaires et un même constat : des sanitaires indécents. En arrivant à l’ISPP, derrière l’insigne « W-C filles », le tableau n’est pas rose non plus.

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En Belgique, des lycéens rénovent eux-mêmes les toilettes de leur établissement pour les rendre fréquentables

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