Gaspard Proust dans « Le Monde », un humoriste clivant depuis ses débuts

Ce 22 mars, au Dôme de Paris, porte de Versailles, la présence de Gaspard Proust n’est pas passée inaperçue. La culotte tyrolienne que portait l’humoriste – son habituel costume de scène – n’y est pour rien, ou presque. A moins de quinze jours de l’élection présidentielle, le contexte du sketch, et l’auditoire, un peu plus. Devant un public à droite de la droite, en préambule d’une soirée-débat organisée par l’hebdomadaire ultraconservateur Valeurs actuelles, l’invité a ironisé, détournant la fameuse citation de Pierre Desproges à qui il a été si souvent comparé : « Est-ce qu’on peut rire de tout avec tout le monde ? La réponse est évidente : ça dépend du chèque. »

Et d’ajouter, avant les interventions, ce soir-là, d’Eric Zemmour, Marion Maréchal, Jordan Bardella et Eric Ciotti, mais aussi de Valérie Pécresse et de Marlène Schiappa : « Dans leur brief, les mecs de Valeurs actuelles m’ont dit : “Ce qui est important, c’est que tu mettes les gens à l’aise, qu’il n’y ait pas de favoritisme pour l’une ou l’autre écurie politique, on n’est pas là pour orienter l’avis de nos lecteurs, l’important c’est qu’ils passent un bon moment et qu’à la fin tout le monde rentre à la maison en se disant : “Au fond, Zemmour a raison.” » Acclamations dans la salle.

« Le stand-uppeur a tenu ­promesse, brossant ce public BCBG dans le sens du poil sous le couvert de l’ironie. » Ivanne Trippenbach

Sa prestation remarquée lui a valu pour la première fois de figurer dans les pages politiques du Monde daté du 24 mars. Dans un article ­intitulé « Entre chrétienté et “remigration”, droite et extrême droite s’affichent », la journaliste Ivanne Trippenbach mentionne la présence de l’humoriste, « adulé pour son style très “politiquement incorrect” », face à « 4 000 spectateurs, dans leur écrasante majorité fans d’Eric Zemmour ». « Rétribué d’un cachet confortable, le stand-uppeur a tenu ­promesse, écrit-elle, brossant ce public BCBG dans le sens du poil sous le couvert de l’ironie. »

Provocations ciselées

Gaspard Proust laisse rarement indifférent. Les colonnes du Monde en témoignent depuis une dizaine d’années. Si son nom apparaît pour la première fois le 18 octobre 2009 dans le supplément « Télévisions » du journal, de manière anecdotique, simple élément parmi une liste d’artistes produits par Laurent Ruquier, il faut attendre le 17 novembre 2011 pour voir le premier article consacré à l’humoriste.

Et c’est peu dire que Macha Séry n’est pas séduite par le spectacle Gaspard Proust tapine. « Favorable était le préjugé du critique, commence-t-elle pourtant. Diantre ! Un jeune humoriste, présenté comme l’héritier de Desproges, dont L’Obs, L’Express, Le Point avaient fait des gorges chaudes et Télérama sa couverture… » Mais c’est pour mieux démonter la comparaison : « Desproges était anar, Gaspard Proust ne se cache pas d’être de droite. C’est l’Eric Zemmour de l’humour. Ses cibles : les profs, les femmes, les juifs, l’­islam, les Chiennes de garde, Jean Daniel, Michel Onfray, François Hollande comparé à une flammekueche. »

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Gaspard Proust dans « Le Monde », un humoriste clivant depuis ses débuts

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