Jakob Wagner, le designer durable

Par Marie Godfrain

Publié le 27 mars 2022 à 04h30, mis à jour hier à 10h02

Jakob Wagner dans son studio à Copenhague, le 16 mars. Il tient dans sa main l’objet Emerge, symbole de la vie, réalisé pour sa marque de bijoux Rejoyn.

A peine avait-il créé son agence en 1993, que le designer danois Jakob Wagner était contacté par Scubapro, le spécialiste de l’équipement de plongée. Au cours de leur collaboration qui a duré sept années, il a imaginé pour l’enseigne de multiples accessoires, dont une montre, qui n’a finalement jamais été produite. « Jean-Jacques Cousteau est le plus grand héros de mon enfance et je pratique la plongée sous-marine depuis longtemps… En travaillant sur ce projet, je savais à quel point la précision était essentielle. Nous devons dessiner du matériel ultra-précis, fiable et ergonomique parce que nous avons la vie des gens entre nos mains. »

Lorsque la marque danoise d’horlogerie Nordgreen l’a appelé à son tour il y a cinq ans, il s’est replongé tout naturellement dans cette première expérience horlogère avortée. Il prend alors conscience que si le design danois a investi de nombreux domaines, du mobilier au high-tech, il avait encore très peu exploré l’horlogerie (mise à part la marque Skagen). Le designer qui a signé du mobilier pour Cappellini, B & B Italia, Moroso, Hay, des objets pour Alessi a alors l’idée de dessiner des montres à l’évidente simplicité, dans un esprit typiquement danois…

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« Lorsque nous avons lancé Nordgreen en 2017, nous étions tous novices en matière d’horlogerie, avec un regard frais sur ce marché, explique Jonathan Lowth, le directeur de la marque. Nous souhaitions collaborer avec un designer expérimenté, qui possédait cette culture danoise. Jakob est apparu comme une évidence, et nous l’avons nommé directeur artistique. Il a donc dessiné nos deux premières montres, la Pioneer et l’Unika. » Inspirées du fameux minimalisme danois que Jonathan Lowth définit ainsi : « Ôter le superflu, puis ajouter par petites touches jusqu’à arriver à l’équilibre. »

Un concentré de culture danoise

Jakob Wagner avait déjà pu montrer qu’il maîtrisait cet art subtil lors de sa collaboration avec la marque de high-tech quasi centenaire Bang & Olufsen, pour qui il a, entre autres, imaginé les casques H4, best-sellers dessinés en 2007 et toujours en vente. « Jakob est un héritier d’Arne Jacobsen, maître du modernisme scandinave, par son dessin intemporel. Il a réussi à transformer des casques audio en objets désirables et élégants », relève Pascar Sivam, cofondateur de Nordgreen.

« Le jeune Jakob m’accompagne dans tous mes projets. A l’époque, je voulais savoir comment fonctionnaient les choses, j’arrivais jusqu’au ressort, au cœur de l’objet. » Jakob Wagner

« Puisque le casque sert à restituer la complexité de la musique, je l’ai pensé comme un orchestre dont les différents composants seraient les instruments de musique, traités comme des éléments autonomes qui feraient partie d’un ensemble, explique le designer. Et j’ai imaginé les écouteurs comme des canapés pour les oreilles et leur coque comme les murs d’une maison. »

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