Les NFT engagés dans l’effort de guerre ukrainien

Quand la Russie a envahi son pays, le 24 février, la designer Olena Dziura s’est instinctivement demandé comment elle pouvait être utile. « Je collectais des vêtements et de la nourriture pour les envoyer aux réfugiés. Mais j’avais l’impression que je ne pouvais pas mettre à disposition mes compétences pour aider mon pays, contrairement à d’autres professionnels », raconte la jeune femme de 27 ans. Comme elle, de nombreux artistes se sont sentis désœuvrés. Jusqu’à ce que le Meta History : Museum of War soit créé, le 25 mars, par le ministère ukrainien de la transformation numérique.

Le concept est inédit. C’est un musée virtuel qui retrace la chronologie du conflit heure par heure, à travers des œuvres numériques, colorées ou ébauchées au simple crayon noir, parfois en mouvement, mais le plus souvent figées. Pour l’heure, seuls les six premiers jours du conflit ont été mis en ligne, soit une centaine d’œuvres, les autres doivent suivre.

Les 146 artistes, majoritairement ukrainiens et aux styles très différents, qui participent au projet créent leurs images autour de tweets consacrés à la guerre. L’objectif est double : « Préserver la mémoire des événements liés à la guerre en diffusant des informations véridiques auprès de la communauté numérique du monde entier et collecter des dons pour ­soutenir l’Ukraine », explique le site du musée.

Vladimir Poutine entouré de bombes

Les profits sont générés par la vente des illustrations sous la forme de NFT, ces certificats de propriété numériques qui garantissent l’unicité et l’exclusivité de l’œuvre et qui lui donnent donc toute sa valeur. Depuis deux ans, les NFT enflamment le marché de l’art, propulsant ces œuvres numériques à des prix astronomiques. Le musée ukrainien compte bien profiter de cet engouement pour aider l’armée et les civils, en vendant ses NFT à raison de 0,15 Ether, une cryptomonnaie, l’équivalent de 450 euros.

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« Moi, je n’ai pas eu le temps malheureusement d’apprendre à me servir d’une arme. Mais, maintenant, grâce à l’art, je participe à la ­collecte d’argent pour mon pays », confie l’artiste ukrainien AlgorithmAB, qui préfère se faire appeler par son pseudo d’artiste. Le jeune homme est d’abord architecte. Pourtant, il sait qu’il n’est pas près de faire construire sa future maison. Alors, il met toute son énergie dans ses œuvres, conglomérats de pixels rouges suggérant des visages.

Dans la dernière, il y dépeint la moitié de la tête de Vladimir Poutine, entouré de bombes. Celle-ci a déjà été acquise par plus de cinq acheteurs. Car contrairement à la majorité des NFT, les œuvres du Meta History : Museum of War ne sont pas uniques. Au moins 1 053 NFT ont été vendues le 31 mars, quelques jours après le lancement du projet pour une somme de 500 000 dollars (460 000 euros). L’objectif du musée est désormais ­d’atteindre le million.

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