A Jérusalem, difficile retour au calme sur l’esplanade des Mosquées

Ils tiennent la mosquée d’Al-Aqsa comme un fort. Barricadés à l’intérieur du bâtiment, en ce troisième lieu saint de l’islam, un petit groupe de Palestiniens tire des pétards à intervalles réguliers, dimanche 17 avril au matin, contre la police israélienne, qui les encercle. Ces projectiles produisent de petits nuages de fumée, des étincelles colorées autour de policiers qui se veulent imperturbables. Certains braquent leurs armes vers des fenêtres brisées, attendant que l’un des assiégés y passe la tête. Mais ils ne donnent pas l’assaut.

Si la police se déploie ainsi sur l’esplanade des Mosquées, c’est pour laisser passer les touristes et les fidèles juifs, en visite sur ce qui est pour eux le Mont du Temple, après la fermeture du week-end pascal. Depuis quelques années, ces militants ont brisé le « statu quo » en vigueur, qui autorise les juifs à visiter le Mont, mais pas à y prier. Escortés et protégés par la police, ils prient chaque jour en temps normal, et étudient longuement près de la porte Dorée. C’est un défi aux principales autorités religieuses juives, qui interdisent leurs dévotions hautement inflammables.

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Dimanche à l’aube, la police affirme que les assiégés palestiniens ont tenté de bloquer le passage de ces visiteurs à la porte des Maghrébins, sur laquelle débouche un pont de bois branlant qui enjambe le mur des Lamentations, vestige du second Temple. Pour permettre leur venue, elle a repoussé, parfois violemment, les fidèles musulmans sur l’esplanade. Elle a aussi interdit un temps à ceux qui se trouvaient dans la Vieille Ville de pénétrer sur les lieux saints, à travers deux portes principales. Elle a enfin coupé les haut-parleurs de la mosquée, après que les assiégés y ont lancé un appel aux fidèles à les rejoindre, puis une prière.

Les autorités israéliennes espéraient pourtant un retour à la « normale », dimanche, après la violente répression que la police a menée ici vendredi. Dès avant la Pâque juive, qui coïncide pour la première fois depuis 1991 avec le mois sacré musulman de ramadan, un appel d’extrémistes juifs à sacrifier un agneau pascal sur l’esplanade s’était répandu comme une traînée de poudre dans les territoires palestiniens, occupés depuis 1967. Cette provocation, habituelle, n’avait pas la moindre chance d’aboutir.

Mais elle a résonné alors que l’armée se déploie de façon massive en Cisjordanie, répondant à une vague d’attentats qui ont fait 14 morts dans les villes israéliennes depuis le 22 mars. Au moins quinze Palestiniens ont été tués en Cisjordanie durant ces raids. L’armée y mène des arrestations et des expéditions punitives contre les proches des assaillants. Elle prend position sur les routes, près des colonies et le long du mur qui enserre les territoires.

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