Au Brésil, la polémique sur l’achat de milliers de pilules de Viagra par l’armée embarrasse le pouvoir

Au Brésil, la polémique sur l’achat pour le moins surprenant par l’armée nationale de plusieurs dizaines de milliers de pilules de sildénafil, vasodilatateur mieux connu sous le nom commercial de Viagra, ne s’éteint pas. L’affaire, dévoilée lundi 11 avril, n’en finit pas de faire des remous, embarrassant au plus haut point le pouvoir d’extrême droite de Jair Bolsonaro.

Selon Elias Vaz, député d’opposition issu du Parti socialiste brésilien (PSB, gauche) à l’origine de la révélation, la commande licencieuse concernerait quelque 35 000 petites pilules bleues, de 25 à 50 mg, dont plus de 28 000 seraient destinées à la seule Marine nationale, 5 000 à l’armée de terre et 2 000 à l’aéronautique. Le tout pour des montants encore flous, mais qui pourraient se chiffrer à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Sans attendre, les réseaux sociaux ne se sont pas privés de railler une « république bananière » dirigée des militaires impuissants et nostalgiques de la « dicta-dure ». En pleine crise sanitaire et économique, d’autres expriment plus sérieusement leur indignation face à un pouvoir si prompt à commander du Viagra pour ses troupes après avoir bloqué des mois durant l’achat de vaccins contre le Covid-19. « C’est un affront fait aux millions des Brésiliens qui souffrent du manque de médicaments dans les centres de santé », a réagi sur Twitter Marcelo Freixo, député socialiste de Rio.

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Achat de 60 prothèses péniennes

Mal à l’aise, le pouvoir rencontre des difficultés pour justifier sa sulfureuse commande. Selon le ministère de la défense, les doses de sildénafil viseraient à des cas d’« hypertension artérielle pulmonaire », une maladie pourtant assez rare chez les jeunes hommes, selon les médecins. Les justifications n’ont convaincu personne, et surtout pas la justice administrative, qui a d’ores et déjà ouvert une enquête pour de possibles surfacturations. Au Congrès, certains députés réclament de leur côté l’instauration d’une commission parlementaire d’investigation, baptisée « CPI du Viagra ».

La polémique pourrait cependant n’en être qu’à ses débuts. Le 14 avril, le même Elias Vaz révélait ainsi qu’en sus des milliers de comprimés érectiles, l’armée aurait également procédé à l’achat 60 prothèses péniennes, cylindres gonflables de 10 à 25 centimètres visant à remédier aux problèmes de dysfonctions érectiles… Autant de produits onéreux, d’une valeur de 10 000 à 12 000 euros pièce, pour une commande totale qui atteindrait les 700 000 euros. Mal à l’aise, l’état-major affirme pour sa part n’avoir acquis que trois implants péniens.

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