Au Yémen, une trêve ravive l’espoir de paix

Les armes se sont tues au Yémen. Une trêve de deux mois est entrée en vigueur samedi 2 avril au soir en vertu d’un accord arraché par les Nations unies aux forces progouvernementales et aux rebelles houthistes. C’est une rare lueur d’espoir dans cette guerre dévastatrice et sans fin qui dure depuis près de huit ans.

Les houthistes, issus d’une rébellion d’origine chiite soutenue par l’Iran, affrontent les forces gouvernementales, appuyées depuis 2015 par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite qui inclue notamment les Emirats arabes unis. Dans ce conflit qui a fait des centaines de milliers de morts, selon l’ONU, et précipité le pays au bord de la famine, deux précédentes trêves convenues en 2016 et 2017 entre les belligérants avaient fait long feu.

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Cette fois, « l’objectif est de donner aux Yéménites une pause nécessaire dans la violence, un soulagement de la souffrance humanitaire et, surtout, l’espoir qu’une fin à ce conflit est possible », voulait croire samedi Hans Grundberg, l’émissaire de l’ONU pour le Yémen. « Les fronts dans le pays sont globalement calmes, les bombardements ont cessé et c’est une excellente nouvelle », se félicitait lundi soir Farea Al-Muslimi, président du Centre Sanaa pour les études stratégiques.

Une guerre par procuration

Cette cessation des hostilités est le couronnement des efforts de M. Grundberg, qui tente depuis des mois de parvenir à une trêve et de relancer les négociations en vue d’un règlement au Yémen, où les puissances régionales rivales, l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite, se livrent à une guerre par procuration.

Entrée en vigueur le premier jour du mois sacré du ramadan, elle intervient après que des consultations intrayéménites se sont tenues le 30 mars à Riyad, en l’absence des rebelles houthistes, qui refusent pour l’instant tout dialogue en territoire « ennemi ». L’émissaire de l’ONU avait discuté séparément avec leurs représentants à Oman. Les deux camps ont pris l’engagement de mettre fin aux opérations militaires tant que l’autre partie y adhère.

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Ils se sont mis d’accord pour arrêter les offensives militaires aériennes, terrestres et maritimes au Yémen et au-delà des frontières. Ce qui devrait permettre l’entrée de 18 pétroliers dans Hodeïda, le plus grand port du pays situé sur la mer Rouge – dont les installations sont essentielles pour l’acheminement de l’aide humanitaire –, et l’accès de vols commerciaux à l’aéroport de la capitale, Sanaa. Deux cités contrôlées par les rebelles.

La coalition arabe, qui contrôle les espaces aérien et maritime du Yémen, n’autorisait jusqu’ici que les vols de l’ONU à atterrir à Sanaa. Un « blocus » dénoncé de longue date par les houthistes, qui exigent sa levée avant toute amorce de négociation politique.

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