Aux Etats-Unis, face à la révolution conservatrice qui s’annonce, les démocrates organisent la résistance

Le front des « bleus » s’organise. Alors que l’approche des élections de mi-mandat, en novembre, renforce la détermination des républicains à mobiliser leur base sur les questions de société, les Etats démocrates se préparent au grand recul conservateur qui s’annonce. De la défense de l’avortement à celle des jeunes transgenres, le camp progressiste essaie de prendre les devants.

Mal remis de la défaite de Donald Trump, les républicains sont pris d’une boulimie législative, aiguillonnés par la Floride et le Texas, les fers de lance de la nouvelle révolution conservatrice. De l’Arizona à l’Idaho ou à l’Oklahoma, la droite multiplie les lois anti-avortement, les mesures hostiles aux transgenres, ou limitant l’influence des éducateurs « woke » dans l’enseignement public. Le camp des « valeurs traditionnelles » espère exploiter la majorité de 6-3 qu’il détient à la Cour suprême des Etats-Unis depuis l’arrivée de la juge Amy Coney Barrett en octobre 2020.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Aux Etats-Unis, le Parti républicain relance son offensive contre les personnes transgenres

Sur la lancée de la Floride, qui l’a adoptée fin mars, une douzaine d’Etats, de l’Alabama à l’Ohio et à la Louisiane, ont mis à l’examen la loi dite « Don’t say gay », qui interdit d’évoquer les sujets d’identité de genre ou d’orientation sexuelle à l’école primaire (à un âge où l’éducation sexuelle n’est pas au programme mais les opposants estiment que la législation vise surtout à intimider l’ensemble des enseignants).

300 textes anti-LGBTQ votés dans les Etats « rouges »

Selon l’association Human Rights Campaign, quelque 300 textes de lois anti-LGBTQ ont été introduits dans les Etats « rouges », dont près de la moitié concernent les transgenres. Le 8 avril, l’Alabama a adopté une législation qui punit de dix ans de prison la délivrance d’hormones ou de traitements pour bloquer la puberté chez les jeunes de moins de 19 ans. Le Texas et l’Idaho ont également proposé de criminaliser le fait d’aider les jeunes dans leur transition de genre, même s’il s’agit de leur famille, et même s’ils vont chercher un traitement dans d’autres Etats. En Arizona, un projet de loi prévoit d’obliger les enseignants à signaler aux parents si leur enfant fait son coming out à l’école.

« J’ai rarement vu autant de peur et d’agressivité dirigée contre un si petit nombre » Spencer Cox, gouverneur républicain de l’Utah

En 2016, le camp traditionaliste était obsédé par l’accès des transgenres aux toilettes dans les lieux publics. Aujourd’hui, c’est par leur participation aux compétitions sportives. A contre-courant, deux gouverneurs républicains ont osé mettre leur veto à des législations interdisant aux étudiants de se joindre à des équipes « non conformes à leur sexe de naissance ». « J’ai rarement vu autant de peur et d’agressivité dirigée contre un si petit nombre », a déploré Spencer Cox, le gouverneur de l’Utah, en faisant valoir que sur les 75 000 lycéens de l’Etat, quatre transgenres seulement participent au sport scolaire. Eric Holcomb, le gouverneur de l’Indiana, n’a pas saisi l’urgence, lui non plus. « Le présupposé est qu’il existe un problème dans le sport scolaire en Indiana qui justifie une intervention des autorités de l’Etat, a-t-il noté. Je n’ai pas trouvé de substance à cette affirmation. »

Il vous reste 62.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

We wish to say thanks to the writer of this short article for this remarkable web content

Aux Etats-Unis, face à la révolution conservatrice qui s’annonce, les démocrates organisent la résistance

Fuzzy Skunk