Crise des sous-marins : la rupture du « contrat du siècle » coûtera jusqu’à 3,7 milliards d’euros à l’Australie

L’Australie sera contrainte de payer jusqu’à 5,5 milliards de dollars australiens (3,7 milliards d’euros), pour mettre fin à un accord avec la France sur la fourniture de sous-marins, en faveur de l’acquisition de modèles américains ou britanniques à propulsion nucléaire, ont admis des responsables vendredi 1er avril.

L’année dernière, le premier ministre australien, Scott Morrison, avait dénoncé un contrat avec le groupe français Naval Group pour l’acquisition de sous-marins à propulsion classique (diesel), optant pour des alternatives à propulsion nucléaire dans le cadre d’un accord de sécurité historique avec Washington et Londres.

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Interrogés par un sénateur de l’opposition, les responsables de la défense ont révélé que l’abandon de l’accord français était assorti d’un prix élevé. « Les contribuables devront donc débourser 5,5 milliards de dollars pour des sous-marins qui n’existent pas ? », a demandé la sénatrice Penny Wong lors d’une audition à Canberra. « Le règlement final négocié sera dans les limites de ce prix », a répondu le secrétaire adjoint du ministère de la défense, Tony Dalton. Il a par ailleurs précisé que le montant exact n’était pas encore connu car les négociations avec Naval Group étaient en cours.

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Un programme loin d’être opérationnel

Le ministre des finances, Simon Birmingham, a défendu la décision d’abandonner l’accord français comme « nécessaire pour les décennies à venir ». « Il convient d’admettre que nous savions que les conséquences seraient importantes », a déclaré M. Birmingham.

M. Morrison avait précédemment déclaré que la décision d’opter pour des sous-marins à propulsion nucléaire était motivée par l’évolution de la dynamique dans la région Asie-Pacifique, où la Chine affirme de plus en plus ses revendications sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale.

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Ce revirement a provoqué la colère de Paris, le président français, Emmanuel Macron, accusant le dirigeant australien d’avoir menti sur l’avenir de ce contrat d’une valeur initiale de 50 milliards de dollars australiens.

Selon une étude publiée en décembre par l’Institut australien de politique stratégique, le programme Aukus coûtera plus de 80 milliards de dollars et prendra des décennies avant d’être opérationnel.

Il devrait néanmoins, selon cette même étude, donner à l’Australie un avantage significatif dans sa capacité à dissuader une agression.

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Le Monde avec AFP

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