Derrière la proposition de taxer les milliardaires américains, Joe Biden propose un budget centriste

Il y a l’information qui attire l’attention, celle de taxer les milliardaires. Joe Biden, en envoyant, lundi 28 mars, au Congrès ses souhaits budgétaires pour l’exercice annuel qui s’ouvrira en octobre 2022, a réitéré sa demande de faire payer des impôts aux plus riches.

Techniquement, la mesure prévoit de taxer, à hauteur de 20 %, tous les revenus, y compris les plus-values latentes, des personnes dont la fortune dépasse les 100 millions de dollars (91 millions d’euros). La mesure concernerait 20 000 ménages, soit 0,01 % des Américains. C’est en ne vendant jamais les actions de leur groupe que des entrepreneurs comme Elon Musk ou Jeff Bezos sont parvenus, certaines années, à ne payer aucun impôt fédéral. En revanche, lorsqu’ils vendent, les impôts s’envolent, comme l’a expérimenté Elon Musk, qui va acquitter, en 2021, la somme la plus élevée jamais payée par un particulier. « Pour ceux qui s’interrogent, je paierai plus de 11 milliards de dollars d’impôts cette année », avait tweeté le patron de Tesla et SpaceX, fin décembre 2021.

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Cette mesure est de la même aune qu’une proposition formalisée par les démocrates du Congrès, à l’automne 2021, mais qui avait été torpillée par les centristes. En pleine campagne pour les élections de mi-mandat de novembre, qui s’annoncent très difficiles pour les démocrates, la mesure, censée rapporter 360 milliards de dollars sur dix ans, a peu de chance d’être adoptée. Elle atteste toutefois d’un souci de plus en plus prégnant, celui d’adopter une fiscalité plus équitable.

« Biden s’incline devant la réalité politique »

Mais la nouvelle budgétaire est ailleurs : Joe Biden fait de la « responsabilité budgétaire » une de ses « valeurs » centrales. Cette conviction implique une réduction des déficits. Ceux-ci devraient reculer de 12,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2021, année du plan de relance post-covid, à 5,8 % en 2022. La décrue se poursuivrait en 2023, avec un déficit réduit à 4,5 % de la richesse nationale. Certes, la Maison Blanche part sur des hypothèses de croissance optimistes (3,8 % et 2,5 % en 2022 et en 2023, contre 2,8 % et 2,2 % prévus par la Réserve fédérale, la banque centrale américaine), mais le ton, celui de l’orthodoxie, est donné.

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Deuxième « valeur » de M. Biden, la « sécurité », qu’elle soit intérieure ou extérieure. Faute de parvenir à faire adopter par le Congrès son plan de relance sociale et écologique, M. Biden a fait des gestes importants envers les électeurs centristes et non inscrits. « Avec un budget penchant vers le centre, Biden s’incline devant la réalité politique », commente le New York Times.

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