Détenue pendant six ans en Iran, Nazanin Zaghari-Ratcliffe a payé une dette qui n’était pas la sienne

C’est une histoire d’amour et de résilience, une histoire triste avec un happy end, qui a momentanément distrait les Britanniques de la guerre en Ukraine et de l’inflation. Le 17 mars, après six années de cruelle séparation, l’Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 43 ans, a enfin pu serrer dans ses bras son mari, Richard Ratcliffe, et leur fille, Gabriella, 7 ans, qui lui avait été retirée à l’aéroport international de Téhéran, le 3 avril 2016, lors de son arrestation par les gardiens de la révolution. Nazanin Zaghari-Ratcliffe s’apprêtait à rentrer à Londres après quelques jours passés chez ses parents.

L’otage la plus connue du Royaume-Uni a vécu un long calvaire après avoir été injustement condamnée pour espionnage par le régime de Téhéran. Elle a passé quatre ans dans la sinistre prison d’Evin, faisant alterner grèves de la faim, pensées suicidaires et faux espoirs de libération. Elle a été de nouveau condamnée en 2021 et maintenue en résidence surveillée chez ses parents, à Téhéran. Anoosheh Ashoori, un homme d’affaires irano-britannique de 68 ans, avait été emprisonné en 2017 pour les mêmes motifs et a été libéré en même temps qu’elle.

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Les Britanniques ont reconnu le visage doux, cheveux bruns et sourire lumineux, de l’ex-employée de l’association caritative Thomson Reuters Foundation à sa descente d’avion sur une base militaire à l’ouest de Londres. Ils ont appris à la connaître grâce aux clichés de sa vie d’avant, souvent publiés dans les médias ces dernières années. Si Nazanin Zaghari-Ratcliffe est devenue une célébrité, et si elle a enfin pu retrouver les siens, c’est grâce à son mari, qui s’est démené pour que le Foreign Office ne l’oublie pas.

Les chars du Chah

Comptable de profession, cet homme simple et courageux a suscité une vague de sympathie dans les médias nationaux. Refusant la fatalité d’un destin brisé par des enjeux diplomatiques, il a « mis très haut la barre pour tous les autres maris », a joliment relevé la députée travailliste Tulip Siddiq, élue de la circonscription des Ratcliffe (à West Hampstead, une banlieue aisée du nord-ouest de Londres), qui a ­inlassablement plaidé pour le retour de Nazanin devant le Parlement de Westminster.

Quand Richard Ratcliffe comprend que son épouse a été prise en otage, il refuse de se taire, contrairement aux instructions du Foreign Office. Infatigable, il enchaîne les manifestations, les interviews. Il mène deux grèves de la faim, en 2019, devant l’ambassade d’Iran à Londres, puis en novembre 2021, face au Foreign Office : les journalistes et les personnalités politiques – surtout travaillistes – y défilent pour lui manifester leur ­soutien. Son combat est aussi celui de toute sa famille. Sa mère, sa sœur, Rebecca Ratcliffe-Jones, son beau-frère Lim Jones, font bloc derrière lui. Sa mère accueillait les ­journalistes lors de sa seconde grève de la faim quand son beau-frère, médecin, veillait sur sa santé.

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Détenue pendant six ans en Iran, Nazanin Zaghari-Ratcliffe a payé une dette qui n’était pas la sienne

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