Internet : les Etats-Unis rassemblent 55 pays dans une coalition contre la « montée de l’autoritarisme numérique »

Les Etats-Unis ont annoncé, jeudi 28 avril, la formation d’une coalition visant à soutenir un Internet « ouvert, libre, mondial, interopérable, fiable et sûr ». Cinquante-six pays ont souscrit à ce partenariat, dont la plupart des grandes démocraties du monde, à l’exception de l’Inde, de l’Afrique du Sud et du Brésil. L’accord a été formalisé lors d’une réunion en ligne au niveau ministériel conduite par Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale du président Joe Biden.

Le lancement de l’Alliance pour l’avenir de l’Internet avait été annoncé en décembre 2021 et devait avoir lieu en marge du sommet pour la démocratie, organisé les 9 et 10 décembre par la présidence américaine. Mais de nombreuses critiques avaient conduit à son report. Les ONG de défense des libertés numériques avaient jugé l’initiative précipitée, adoptée sans véritable consultation et susceptible de diviser encore davantage l’Internet. L’alliance avait notamment été qualifiée de « club antichinois ».

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L’administration Biden affirme avoir pris en compte les reproches. L’initiative a été rebaptisée « Déclaration pour l’avenir de l’Internet », plutôt qu’« Alliance ». La Chine et la Russie sont clairement visées, mais l’administration américaine conserve sa « vision d’un seul Internet pour le monde », a affirmé un responsable de l’administration avant l’annonce officielle du partenariat. « Franchement, nous ne sommes pas là pour fragmenter l’Internet, mais pour le sauver. »

Loin des idéaux des débuts d’Internet

Dans ce texte, les 56 signataires déplorent la « montée d’un autoritarisme numérique », qui voit certains pays réprimer la liberté d’expression, censurer les sites d’information indépendants, interférer dans les élections et encourager la désinformation. La cybercriminalité, parfois « soutenue par les Etats », affecte la sécurité d’infrastructures essentielles. L’Internet s’est éloigné de ses idéaux initiaux, regrette le texte. En témoignent la concentration économique du secteur, plutôt que la décentralisation promise, ou le stockage des données personnelles des usagers à des fins commerciales.

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A l’opposé, les signataires s’engagent à œuvrer au renforcement des institutions démocratiques, à protéger la vie privée des individus, à maintenir la libre circulation de l’information et à assurer l’accès des citoyens à des connexions fiables et abordables. Ils
déclarent vouloir lutter contre la violence en ligne sans laisser la lutte contre les contenus illégaux empiéter sur la liberté d’expression. Ils promettent de « s’abstenir d’utiliser l’Internet ou les outils algorithmiques pour exercer une surveillance illégale » des citoyens ou mettre en place des « mécanismes de contrôle social » ou de détention préventive.

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