La Chine confirme son influence en Argentine

C’est un mois de fête dans la relation bilatérale sino-argentine. Le 19 février, les deux pays célébraient un demi-siècle de relations diplomatiques, l’occasion de faire de 2022 « l’année de l’amitié et de la coopération Argentine-Chine ». Deux semaines plus tôt, le dimanche 6 février, Buenos Aires et Pékin avaient signé un mémorandum d’adhésion aux « nouvelles routes de la soie », vaste projet d’investissements en infrastructures et en technologie de la Chine, englobant près de 150 pays, outil de son influence à travers le monde. « Nous valorisons le lien profond et soutenu des relations sino-argentines (…) Je garderai en mémoire l’accueil chaleureux du peuple chinois », salue sur Twitter le président argentin, Alberto Fernandez (centre gauche).

Il vient d’annoncer les montants des investissements, en deux volets. Le premier, « déjà approuvé », selon le ministère des affaires étrangères, d’un montant de 14 milliards de dollars (environ 12,7 milliards d’euros), comprend dix chantiers d’infrastructures – dont les projets-clés de la centrale hydroélectrique du fleuve Santa Cruz et la centrale nucléaire IV à Zarate. Le deuxième, de 9,7 milliards de dollars, encore soumis à validation, compte au total 16 projets, mêlant aqueducs, complexe hydroélectrique, autoroute, ou encore parcs éoliens, selon des sources officielles argentines.

Regain d’investissements

A quel horizon ? Aucune date n’est indiquée. « Un des chantiers centraux est le système de gazoduc (…) afin de parvenir à l’auto-approvisionnement de gaz dans tout le pays », détaillent ces mêmes sources, sous couvert d’anonymat, mais prenant soin de détailler la manne pour le pays : 3 000 postes de travail directs et indirects pour la mise en marche, 1 200 postes à la faveur de la nouvelle production à transporter. Près de 2 milliards de dollars d’investissement. Les deux pays ont par ailleurs signé une série « de documents de coopération institutionnelle », dans différents domaines, de l’éducation en passant par l’agriculture, les « médias publics de communication » ou encore l’énergie nucléaire.

« Si en Argentine, il y a une chose qui est stable, au fil des gouvernements, c’est bien la relation avec la Chine » Patricio Giusto, chercheur

Ce regain d’investissements – une aubaine alors que l’Argentine relève la tête après trois années de récession et se débat avec une économie percluse par l’inflation et la pauvreté – était attendu. Les deux pays approfondissent là un rapprochement entrepris dès les années 1990. Pékin s’intéresse alors avec beaucoup plus d’acuité aux pays d’Amérique du Sud. « Ces derniers fournissent à la Chine principalement du soja, des minéraux et du pétrole. Depuis les années 2010, la Chine y investit de manière croissante pour répondre à ses besoins en matières premières », rappellent Marie Forget et Silvina Carrizo dans une analyse pour les Presses de Sciences Po datant de 2015. C’est notamment en 2004 que le gouvernement de Nestor Kirchner (gauche) signe différents accords multilatéraux, qui peuvent être lus à l’aune d’une diversification des relations internationales, en contrepoint du lien avec les Etats-Unis, principal contributeur du Fonds monétaire international (FMI), tenu en partie responsable de la crise de 2001.

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