La quête sans fin des chevaliers du « Zodiac »

Par Samuel Blumenfeld

Publié aujourd’hui à 03h00, mis à jour à 03h00

Fayçal Ziraoui est un homme épanoui. Son plaisir dans la vie : élargir le champ de ses connaissances. Lorsque cet ingénieur et consultant de 39 ans, polytechnicien et diplômé d’HEC estime avoir suffisamment creusé un sujet, il passe à un autre. Guidé par sa curiosité, il a autrefois appris à créer des logiciels de réalité virtuelle ou à réparer des montres anciennes. Après s’être consacré à la pâtisserie, il a aussi travaillé à un projet d’application pour les chauffeurs de VTC qui requiert une intelligence artificielle.

Il y a peu, il réfléchissait aux rapports entre activité physique et diététique. La pratique intensive d’un sport de compétition lui est apparue comme la solution pour perdre du poids, après être monté jusqu’à 100 kilos. L’idée était de hisser son corps à la hauteur de son intellect. Une mission accomplie après sa participation à plusieurs compétitions de triathlon où il enchaînait 2 kilomètres de natation, 9 kilomètres à vélo puis 20 kilomètres de course à pied.

En décembre 2020, Fayçal Ziraoui fait une découverte. Elle tient en un nom : Lawrence Kane. A beaucoup, ce patronyme ne dit rien. Mais il parle à coup sûr aux 50 000 chercheurs amateurs ou professionnels, détectives, policiers, mathématiciens, journalistes, informaticiens, ingénieurs établis aux Etats-Unis, mais aussi en Asie et en Amérique du Sud, qui passent l’essentiel de leur temps à tenter de débusquer l’identité de celui qui s’est baptisé le « tueur du Zodiac », et auquel le cinéaste David Fincher a consacré un film en 2007.

Faycal Ziraoui, le 3 mai 2021.

Lawrence Kane, mort en 2010, fait partie de la longue liste de plus de 2 000 suspects accolés depuis plus d’un demi-siècle au visage anonyme de ce tueur en série. Prononcer son nom, c’est ajouter du sel sur une plaie toujours vive et soulever des polémiques sans fin au sein d’une communauté dans laquelle chacun défend avec obstination et férocité son coupable désigné. Car on n’entre pas dans le monde du « Zodiac » comme dans un fast-food : bien souvent, on y consacre sa vie, et c’est le temps passé à cette enquête qui fera de vous un membre plus ou moins crédible de ce club informel.

Deux cryptogrammes enfin déchiffrés ?

Le « Zodiac » a sévi onze mois en Californie du Nord entre décembre 1968 et novembre 1969. Le tueur revendiquait ses crimes dans des courriers rédigés dans une écriture cryptée, combinant symboles et lettres de l’alphabet. Des messages indéchiffrables qu’il envoie jusqu’en 1974 aux forces de l’ordre et à la presse locale, et notamment au San Francisco Chronicle. Chaque courrier commençait par la même phrase : « Le “Zodiac” vous parle » et se terminait par sa signature : la mire de visée d’un fusil de précision, symbole qu’il avait aussi gravé avec la pointe d’un couteau sur la portière de la voiture d’une de ses victimes.

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