L’Autorité palestinienne s’indigne des propos tenus par M. Macron sur Jérusalem lors du dîner du CRIF

« Jérusalem est la capitale éternelle du peuple juif. Je n’ai jamais cessé de le dire. » L’alerte a sonné au sein de l’Autorité palestinienne, à Ramallah, jeudi 24 février, alors que Jean Castex lisait un discours d’Emmanuel Macron, au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Le président avait annulé sa participation, retenu à Bruxelles à un sommet européen consacré à l’Ukraine. Le rendez-vous politique du CRIF, le premier depuis deux ans, pour cause de Covid-19, est largement passé inaperçu en France, mais pas en Terre sainte.

Cette phrase de M. Macron est tombée alors que le président réitérait son attachement personnel à la Ville sainte, et critiquait une série de résolutions adoptées par l’Assemblée générale des Nations unies, lors d’une réunion annuelle consacrée à la question palestienne. Celles-ci usait exclusivement du nom arabe Haram Al-Sharif (« Noble Sanctuaire ») pour décrire l’esplanade des Mosquées, que les juifs appellent le mont du Temple. La France avait pourtant voté en faveur de la résolution en décembre 2021.

Dans son discours, M. Macron a aussi souligné « l’attachement d’autres religions » à Jérusalem, citant la chrétienté et l’islam. Mais en utilisant le terme « capitale éternelle », il s’est engagé dans une terminologie nationaliste plutôt que religieuse. Si la ville a une place centrale dans l’imaginaire juif et dans sa liturgie, son rôle de « capitale » n’est pas prédéterminé. Cette formule consacrée est avant tout utilisée par l’Etat israélien, qui a fait de la part occidentale de la ville sa capitale, dès sa naissance en 1948. Israël a par la suite conquis militairement sa part orientale – palestinienne – en 1967, avant de l’annexer, en dépit du droit international.

« Coups de couteau dans le dos »

Or les Palestiniens ambitionnent d’implanter dans les secteurs est de Jérusalem la capitale de l’Etat auquel ils aspirent. Une revendication ignorée par M. Macron dans son discours, de même qu’il a passé sous silence la position traditionnelle de la diplomatie française en faveur d’un partage de la Ville sainte, condition sine qua non d’une véritable solution à deux Etats.

Incertaine, l’Autorité palestinienne a finalement réagi, avec le peu de leviers à sa disposition. Lundi 28 février, le consul général de France à Jérusalem, René Troccaz, a été convoqué par le ministère des affaires étrangères à Ramallah. Le consul en a profité pour affirmer que la position de la France n’avait pas changé, tant sur la défense d’une solution à deux Etats que sur le statut irrésolu de Jérusalem, et donc sur « le droit des Palestiniens d’y établir une capitale » eux aussi, selon le communiqué palestinien.

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