Le confinement de Shanghaï de plus en plus coûteux pour la Chine

Après plus de deux semaines de confinement strict à Shanghaï, les tests PCR, effectués tous les deux ou trois jours, sont les seules sorties autorisées. L’occasion de prendre conscience de l’ampleur du changement : les rues du centre-ville, habituellement prises d’assaut par les consommateurs rivalisant de selfies devant les cafés à la mode, ne sont plus occupées que par les habitants en file indienne, respectant les 2 mètres de distance. En dix minutes dehors, on voit parfois passer un seul camion. L’approvisionnement des habitants de la ville est un casse-tête logistique. La plupart des usines ont, quant à elles, arrêté d’essayer de produire quoi que ce soit : elles ne peuvent plus s’approvisionner en matériaux et en pièces détachées, et ne peuvent pas livrer leurs produits.

Les réponses à vos questions : A Shanghaï, un confinement drastique contre le Covid-19 : « Qu’est-ce que la Chine est prête à accepter : un impact économique grandissant ou un certain nombre de morts ? »

Le confinement de la capitale économique et financière chinoise est un coup dur pour l’ensemble du pays. Nio, constructeur de voitures électriques installé à Hefei, dans l’Anhui, une ville qui n’est pas confinée, a ainsi dû suspendre la production, la deuxième semaine d’avril, faute de composants. « Shanghaï est un centre industriel très important, à la fois pour les produits finis, mais encore plus pour des composants de haute technologie, pour l’industrie automobile, l’électrique ou encore les nouveaux matériaux, décrit Dan Wang, économiste en chef à la banque hongkongaise Hang Seng. Mais c’est aussi un centre crucial pour des services de haut niveau : conseil légal, propriété intellectuelle et finance, bien sûr. »

Les introductions en Bourse sont impossibles parce qu’elles nécessitent l’obtention d’un tampon dans une administration fermée. « Mais c’est problématique pour les marchés financiers en général : les tradeurs qui travaillent depuis chez eux sont moins productifs. Donc, ils se concentrent sur les grosses transactions et négligent les plus petites. Cela se traduit par un niveau de liquidités très bas, et des coûts d’emprunt élevés. » En réaction, la Banque centrale chinoise a annoncé une baisse des taux de réserves imposés aux banques, vendredi 15 avril.

La plupart des secteurs sont à l’arrêt

L’exemple de Shanghaï a poussé le reste du pays à redoubler de fermeté face au virus : 373 millions de personnes, soit plus du quart de la population, étaient sous le coup de restrictions, allant de difficultés pour voyager à l’interdiction totale de se déplacer, d’après une analyse de la banque Nomura publiée le 11 avril. Le même jour, Canton a annoncé la suspension des classes et l’interdiction de quitter la ville, pour 27 cas de Covid. Résultat : début avril, le trafic ferroviaire, principal moyen de transport entre les grandes villes pour les Chinois, a chuté à 30 % de son niveau de 2019, avec 3 000 trains par jour. Les institutions économiques ont déjà abaissé leurs prévisions de croissance pour l’année 2022. D’après un sondage de l’agence Reuters auprès d’un panel d’économistes, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,6 % au premier trimestre, grâce à un début d’année dynamique, mais l’activité a chuté à partir de mars. La croissance devrait atteindre 5 % en 2022, en deçà de l’objectif de 5,5 % annoncé par le gouvernement, prédisent les économistes interrogés par Reuters.

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