Pérou : pas de libération anticipée pour l’ancien président Fujimori

Alberto Fujimori va finalement rester en prison. La libération anticipée de l’ancien autocrate péruvien a été rejetée, vendredi 8 avril, par la Cour interaméricaine des droits de l’homme.

Président du Pérou de 1990 à 2000, Alberto Fujimori, 83 ans, purge depuis 2009 une peine de 25 ans, notamment pour deux massacres perpétrés par un escadron de la mort en 1991 et 1992 dans le cadre de la lutte contre la guérilla maoïste du Sentier lumineux. Vingt-cinq personnes, dont un enfant, avaient été tuées. La Cour constitutionnelle du Pérou avait ordonné le 17 mars la libération de l’ancien chef d’Etat qui souffre de nombreux problèmes de santé. Elle rétablissait la grâce accordée la veille de Noël 2017 par le président de l’époque Pedro Pablo Kuczynski qui avait été annulée en 2018 par la justice.

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Mais la Cour interaméricaine, basée au Costa Rica, a demandé à l’Etat péruvien de « s’abstenir d’exécuter » cette décision de la Cour constitutionnelle. Le gouvernement du Pérou, dirigé par le président de gauche Pedro Castillo, avait fait savoir qu’il se conformerait à la décision de la Cour interaméricaine qui, selon l’arrêt, considère que la décision de la Cour constitutionnelle « n’a pas évalué l’impact d’une grâce pour des violations flagrantes des droits de l’homme sur le droit d’accès à la justice des victimes et de leurs proches ».

« Nous sommes rassurés »

Les proches des victimes des massacres ont accueilli avec soulagement la décision de la Cour. « Nous sommes rassurés et nous sentons soutenus ». La Cour « fixe des lignes cohérentes en matière de droits de l’homme et l’Etat péruvien a l’obligation de s’y conformer », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Gisela Ortiz, une parente d’une des victimes des escadrons de la mort.

M. Fujimori, seul détenu de la petite prison de Barbadillo située dans une caserne de police, avait été hospitalisé onze jours début mars pour des problèmes cardiaques. Sa famille a demandé à maintes reprises, sans succès, sa remise en liberté pour raisons de santé.

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Sa fille, Keiko Fujimori, qui a perdu à trois reprises au second tour de la présidentielle avait annoncé avant le scrutin de 2021 qu’elle gracierait son père si elle était élue. Battue par M. Castillo, elle est poursuivie en justice pour financement illégal de ses campagnes présidentielles perdues en 2011 et 2016.

Alberto Fujimori a gouverné le Pérou d’une main de fer mais face à une opposition croissante, il s’était enfui en novembre 2000 au Japon, d’où sa famille est originaire, et avait annoncé renoncer à son mandat par fax. Extradé du Chili en 2007 il avait été condamné et emprisonné deux ans plus tard.

Le Monde et AFP

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